Tous contre la depression post partum!

DPP

Je me rappelle comme si c’était hier, cette nuit ou mon bébé se remit à pleurer parce qu’il avait faim. Je parvins difficilement à m’extraire de mon lit, ma cicatrice de césarienne me cisaillant le ventre. Luttant contre mon épuisement, je prenais mon bébé dans mes bras. Mais tout d’un coup, il ne ressemblait plus à un bébé, c’était comme un aliène, à la bouche énorme, déformée et je pris peur! J’avais soudain peur de lui, peur de moi, peur de comment encore une fois j’allais saigner en l’allaitant”

 Cette image de 5 secondes est gravée dans ma mémoire et je m’en rappelle encore comme si c’était hier. Parce que c’est juste à ce moment-là, que je me suis rendue compte que je pouvais basculer dans la dépression post parfum.

 Je me sentais inutile, épuisée, vide et sans aucune confiance en moi. J’avais du mal à me retrouver face à face avec mon bébé et même à m’occuper de lui…mais j’ai eu de la chance, beaucoup de chance car je savais ce qu’était la dépression post partum et j’ai été plus qu’épaulée par ma mère, pédiatre spécialisée en DPN.

 Peu de gens le savent mais elle touche à peu près 1 femme sur 10. Appelée aussi Dépression Post Partum, la DPN est un type de dépression clinique qui peut affecter les femmes et un peu moins les hommes, juste après la naissance de leur enfant et cela tout au long de la première année de vie de celui-ci.

La DPN n’a rien à voir avec le Baby Blues même si la confusion est souvent faite par les medias.

 Alors, aujourd’hui. forte de mon expérience, je fais un rêve.

  • aucune femme ne souffre en silence au moment de devenir mère
  • toutes les futures mamans sachent qu’il est parfaitement normal de ne pas savoir comment être mère et que se sentir perdue est le lot de chacune
  • les jeunes mamans qui projettent une image idyllique de leur récente maternité soient aussi capables de confesser ouvertement que ce n’est peut-être pas aussi rose qu’il n’en a l’air
  • tous nous sachions et acceptions que la maternité puisse virer au cauchemar
  • ce n’est pas grave même plutôt normal de ne pas aimer son enfant au premier regard
  • chaque nouvelle maman soit capable d’ouvrir son cœur à d’autres mamans pour partager ses difficultés
  • en tant que maman, nous ne sommes pas responsables de tout ce qui arrive à nos nouveau-nés
  • l’on arrête de juger chaque geste des jeunes mamans
  • personne ne nous fasse sentir coupables si nous osons reconnaitre que nous ne sommes pas heureuses d’être mamans
  • quel que soit la forme choisie par la mère de nourrir son enfant, ce soit la bonne et qu’elle soit acceptée si c’est ce qui lui va
  • le personnel hospitalier et de la petite enfance en général soit formé pour prévenir, diagnostiquer et accompagner les jeunes mamans face à la DPP
  • notre société arrête une fois pour toutes de prétendre et nous vendre que la mère parfaite existe.

Je me décide enfin à écrire sur ce thème qui a lourdement pesé dans mon choix de lancer The FreeMe Project. J’ai eu bien trop souvent la sensation que en tant que femmes, nous contribuons sans le vouloir à faire de la DPN quelque chose de marginal et d’exceptionnel…de par notre silence et parfois notre difficulté à accepter et reconnaitre que nous ne sommes pas des mères parfaites.

Je pensé qu’être mère implique une responsabilité au sein du groupe des femmes…cela signifie pour moi être honnête et ne pas tomber dans l’amnésie générale et le mutisme qui entourent la maternité.

Il nous faut parler haut et librement!

Si vous souhaitez en savoir plus sur la DPP, je vous invite à connaitre le merveilleux travail que fait Association Maman blues

 Et pour comprendre vraiment ce que c’est, le film allemand de Emily Latef: L’etranger en moi L’etranger en moi

Nous reviendrons sur ce thème. C’est sur !

 

 

 

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